Comprendre les agents IA · 9 min de lecture

Que mettre dans le robots.txt de son site face aux robots de l'IA

Le 30 octobre 2026, Google a annoncé qu'il prévoit de prendre en compte en 2027 un signal commun, écrit dans le robots.txt, pour refuser que vos pages servent à entraîner des modèles d'IA. OpenAI et Microsoft ont annoncé le même jour qu'ils le suivraient, et le projet de norme est signé par un ingénieur d'Anthropic. D'ici là, le réglage se fait robot par robot. Pour une PME, la décision tient en deux questions séparées : voulez-vous que les assistants comme ChatGPT ou Claude lisent vos pages pour les citer, et acceptez-vous qu'elles servent à entraîner leurs modèles ?

Deux familles de robots devant un site d'entreprise : à gauche ceux qui collectent des pages pour entraîner les modèles, à droite ceux qui lisent les pages pour citer leurs sources dans une réponse.

Qu'est-ce que le robots.txt, et que peut-il vraiment faire ?

Le robots.txt est un fichier texte placé à la racine du site (votresite.fr/robots.txt). Il dit, robot par robot, quelles parties du site celui-ci peut parcourir. Les robots de Google, d'OpenAI et d'Anthropic annoncent qu'ils le respectent.

Trois limites à connaître. Ce fichier n'est pas un verrou : une page interdite reste ouverte à quiconque connaît son adresse, et Google précise qu'il peut afficher l'adresse d'une page bloquée dans ses résultats, sans extrait. Il ne vaut que pour l'hôte où il se trouve : www.votresite.fr et boutique.votresite.fr ont chacun le leur. Enfin, un robot qui ouvre une page à la demande d'un utilisateur peut ne pas le lire : OpenAI l'écrit pour ChatGPT-User.

Quels robots d'IA viennent sur votre site, et que se passe-t-il si vous les bloquez ?

Chaque éditeur sépare désormais ses robots selon l'usage. Le tableau reprend ce que disent leurs documentations, lues le 30 octobre 2026.

Deux familles de robots devant un site d'entreprise : à gauche ceux qui collectent des pages pour entraîner les modèles, à droite ceux qui lisent les pages pour citer leurs sources dans une réponse.
ÉditeurNom dans le robots.txtCe qu'il faitSi vous le bloquez
OpenAIGPTBotCollecte des pages qui peuvent servir à entraîner les modèlesVous signalez que vos contenus ne doivent pas servir à l'entraînement. Aucun effet sur la recherche de ChatGPT.
OpenAIOAI-SearchBotFait apparaître les sites dans les réponses de recherche de ChatGPTVotre site n'est plus montré dans ces réponses, sauf comme simple lien de navigation.
OpenAIChatGPT-UserOuvre une page quand un utilisateur le demandeLe robots.txt peut ne pas s'appliquer, selon OpenAI.
AnthropicClaudeBotCollecte des pages qui peuvent servir à l'entraînementVos futurs contenus sont exclus des données d'entraînement.
AnthropicClaude-SearchBotParcourt le web pour la recherche de ClaudeVisibilité réduite dans les résultats de recherche de Claude.
AnthropicClaude-UserOuvre une page quand un utilisateur pose une questionClaude ne lit plus vos pages pour répondre à ses utilisateurs.
GoogleGooglebotParcourt le web pour la recherche GoogleVous sortez de Google. À ne jamais bloquer par erreur.
GoogleGoogle-ExtendedJeton de contrôle, sans robot propre : entraînement des modèles Gemini et ancrage des réponses des applications GeminiAucun effet sur la présence dans la recherche Google ni sur le classement. Vos pages ne servent plus à l'entraînement ni à l'ancrage dans Gemini.

La conséquence pratique : bloquer un robot d'entraînement ne vous retire pas des réponses de recherche des assistants. OpenAI l'écrit en toutes lettres : les deux réglages sont indépendants, et un site peut autoriser OAI-SearchBot tout en refusant GPTBot. Le cas de Google-Extended est à part, puisqu'un même nom couvre l'entraînement et l'usage de vos pages dans les réponses de Gemini.

Quel fichier écrire pour une PME qui veut être citée ?

Notre lecture, pour la plupart des PME : laissez lire tous les robots de recherche, y compris ceux des assistants, et décidez à part pour l'entraînement. Un site qui vend un service a peu à perdre à être cité, et la question de l'entraînement relève d'un choix de principe sur vos contenus. Voici un fichier qui refuse l'entraînement chez OpenAI et Anthropic et laisse tout le reste ouvert :

User-agent: *

Allow: /

Disallow: /espace-client/

# Entraînement des modèles : refusé

User-agent: GPTBot

User-agent: ClaudeBot

Disallow: /

Sitemap: https://www.votresite.fr/sitemap.xml

Si l'entraînement ne vous gêne pas, gardez seulement le premier bloc : un fichier ouvert à tous laisse passer les robots d'IA sans qu'il faille les nommer. Pour Google-Extended, ajoutez-le au groupe qui refuse seulement si vous acceptez de ne plus servir de source aux réponses de Gemini.

Un piège revient souvent quand on ajoute un groupe pour un robot précis. Google l'écrit dans sa documentation : un robot suit le seul groupe qui le nomme, et les règles générales (User-agent: *) ne s'y ajoutent pas. Si vous créez un groupe « User-agent: OAI-SearchBot » avec « Allow: / », ce robot ne lit plus la ligne qui protège /espace-client/. Recopiez dans chaque groupe les chemins qui doivent rester fermés.

Que change le signal commun annoncé le 30 octobre 2026 ?

Le signal prend la forme d'un nom de robot fictif, __usage_ai-training, décrit dans un projet de norme publié le même jour à l'IETF par un ingénieur d'Anthropic. On l'écrit comme un groupe ordinaire :

User-agent: __usage_ai-training

Disallow: /

Ce groupe exprime une préférence contre l'entraînement, pour tout le site ou pour certains chemins. Il ne bloque aucun robot : il dit ce que vous acceptez qu'on fasse de vos pages, pas qui peut les lire. Le groupe général « User-agent: * » ne compte pas comme une réponse à cette question : sans ligne __usage_ai-training, aucune préférence n'est exprimée.

Frise de novembre 2026 à 2027 : réglage robot par robot aujourd'hui, prise en compte du signal commun par Microsoft à partir du 1er février 2027, puis par Google dans l'année 2027.

Le calendrier annoncé : Google vise une prise en compte en 2027, sans date. Quand le signal refuse l'entraînement et que le fichier ne nomme pas Google-Extended, Google prévoit de l'interpréter comme un refus adressé à Google-Extended. Microsoft commencera à appliquer ses nouvelles préférences (entraînement d'un côté, usage dans les réponses de l'autre) le 1er février 2027, selon le compte rendu de Search Engine Roundtable. Les réglages propres à chaque éditeur continuent de fonctionner.

Notre conseil : vous pouvez ajouter le groupe dès maintenant, puisque les robots qui ne le connaissent pas l'ignorent, mais gardez les lignes GPTBot et ClaudeBot. Le texte reste un projet, valable jusqu'au 3 mai 2027, et il peut changer d'ici là.

Ce que nous avons trouvé dans les fichiers de quatre agences IA

Le 30 octobre 2026, nous avons lu le robots.txt de quatre sites d'agences françaises qui vendent des agents IA aux entreprises : le nôtre et ceux de trois agences que nous suivons. Quatre fichiers, trois façons de faire.

  • Deux fichiers ouverts à tous, sans nommer aucun robot d'IA, dont le nôtre. Le nôtre ferme seulement deux chemins (/api/ et la page de rapport du diagnostic) et déclare les sitemaps du site français et du site anglais.
  • Un fichier qui nomme 16 robots un par un pour les autoriser (GPTBot, OAI-SearchBot, ClaudeBot, Google-Extended, PerplexityBot…). L'effet est le même qu'un fichier ouvert ; l'intention est simplement écrite noir sur blanc.
  • Un fichier qui bloque 32 robots, dont GPTBot, ClaudeBot, Google-Extended et GoogleOther, avec une ligne supplémentaire qui accepte la recherche et refuse l'entraînement. Ses commentaires indiquent qu'il est écrit par l'outil de Cloudflare, le prestataire qui sert le site.

Le troisième cas est le plus instructif pour un dirigeant. Ce fichier laisse passer OAI-SearchBot et Claude-SearchBot, donc le site reste lisible pour la recherche de ChatGPT et de Claude. Mais il refuse Google-Extended, ce qui, d'après la documentation de Google, retire aussi le site des sources des réponses de Gemini. C'est peut-être un choix voulu. Ce que montre surtout ce fichier, c'est qu'un réglage du prestataire réseau peut écrire le robots.txt à la place de l'agence qui a fait le site : la personne qui pense en être responsable peut ne jamais l'avoir lu.

Comment vérifier et corriger le vôtre ?

  1. Ouvrez votresite.fr/robots.txt dans un navigateur, puis la même adresse pour chaque sous-domaine (boutique, blog, espace client).
  2. Cherchez une ligne « Disallow: / » sous « User-agent: * » ou sous « User-agent: Googlebot » : elle ferme tout le site à la recherche, et c'est l'erreur à corriger en premier.
  3. Repérez les noms des robots d'IA et comparez avec le tableau plus haut : ce qui est bloqué correspond-il à votre choix ?
  4. Demandez à votre prestataire qui écrit ce fichier : le logiciel du site, une extension, ou un service comme Cloudflare. Une modification faite au mauvais endroit sera écrasée.
  5. Après la modification, relisez le fichier en ligne. OpenAI indique qu'il faut compter environ 24 heures pour que la recherche de ChatGPT en tienne compte.

C'est la même démarche que pour la version de PHP à demander à votre hébergeur : savoir qui tient chaque réglage du site, et l'avoir par écrit.

Faut-il un agent IA pour surveiller ça ?

Non. Le fichier change rarement : une relecture par trimestre, et une autre à chaque changement de prestataire ou d'hébergement, suffisent. La vraie question pour une PME est plutôt dans l'autre sens : quels accès vous donnez aux outils d'IA qui travaillent pour vous. Elle est traitée dans les quatre questions à poser avant de brancher un agent IA sur vos outils, et c'est l'un des points que nous fixons par écrit pendant un cadrage.

Pour voir ce que nos agents prennent en charge dans une PME, et ce qui reste validé par une personne : agents IA pour PME.

FAQ

Bloquer GPTBot me fait-il disparaître de ChatGPT ?

Non. GPTBot sert à l'entraînement des modèles. La recherche de ChatGPT passe par OAI-SearchBot, et OpenAI précise que les deux réglages sont indépendants : vous pouvez refuser l'un et autoriser l'autre.

Bloquer Google-Extended nuit-il à mon référencement sur Google ?

Non, selon Google : ce jeton n'a aucun effet sur la présence d'un site dans la recherche Google et n'est pas un critère de classement. Il retire en revanche vos pages de l'entraînement des modèles Gemini et des sources utilisées dans les réponses des applications Gemini.

Le robots.txt efface-t-il ce qui a déjà été collecté ?

Les documentations lues parlent de la suite. Anthropic écrit que bloquer ClaudeBot exclut vos futurs contenus de l'entraînement ; OpenAI, que bloquer GPTBot indique que vos contenus ne doivent pas servir à l'entraînement. Aucune des deux ne parle de retirer ce qui a été collecté avant.

Dois-je ajouter le signal __usage_ai-training dès maintenant ?

Vous pouvez : il est sans effet chez les robots qui ne le connaissent pas. Google prévoit de le prendre en compte en 2027, et Microsoft annonce appliquer ses nouvelles préférences d'IA à partir du 1er février 2027. D'ici là, gardez vos lignes GPTBot et ClaudeBot, qui restent la façon reconnue de refuser l'entraînement.

Sources, toutes lues le 30 octobre 2026 : Google Search Central, « Supporting a shared AI training control for websites », John Mueller, 30 octobre 2026 (developers.google.com) · K. Kelley (Anthropic), « Machine-Readable Training Preference Signal », projet IETF draft-kelley-aipref-training-preference-signal-00, 30 octobre 2026 (datatracker.ietf.org) · OpenAI, « Overview of OpenAI Crawlers » (developers.openai.com) ; l'annonce d'OpenAI du 30 octobre n'était pas accessible, sa reprise par Unite.AI a été lue (unite.ai) · Anthropic, « Does Anthropic crawl data from the web, and how can site owners block the crawler? », 7 avril 2026 (support.claude.com) · Google, « Liste des robots d'exploration communs de Google », mise à jour du 20 octobre 2026, et « Comment Google interprète la spécification robots.txt » (developers.google.com) · Search Engine Roundtable, « Microsoft Bing New AI New Controls With AI Training From AI Search Grounding », Barry Schwartz, 30 octobre 2026 ; le billet de Microsoft n'a pas été lu. Le relevé des quatre fichiers robots.txt a été fait par Équipage IA le 30 octobre 2026. Aucun cas client n'est cité.

À lire ensuite

Comprendre les agents IA10 min de lecture

Diagnostic IA neutre pour PME : CCI, France Num, Bpifrance

Pour un premier avis sur l'IA donné par quelqu'un qui n'a rien à vous vendre ensuite, trois portes publiques existent. L'Autodiag IA de Bpifrance est un questionnaire en ligne de 15 minutes. Le diagnostic numérique de votre CCI est un entretien avec un conseiller : en Île-de-France, Mon Diag'Num dure 4 heures, sans reste à charge. Les Activateurs France Num sont des professionnels vérifiés par l'État qui s'engagent à un premier rendez-vous sans frais. Commencez par l'Autodiag si vous ne savez pas encore où l'IA servirait chez vous, par la CCI si vous voulez un regard extérieur sans offre commerciale derrière.

Comprendre les agents IA7 min de lecture

Superviser un agent IA : qui surveille une fois lancé ?

Une fois l'agent en marche, la surveillance repose sur quatre gestes : un tri automatique qui signale ce qui sort de l'ordinaire, une relecture humaine de ce qui est signalé et de tout ce qui engage l'entreprise, un échantillon tiré au hasard parmi ce qui n'a rien signalé, et une alerte qui arrive à une personne capable d'arrêter l'agent. Le 29 octobre 2026, OpenAI a décrit le dispositif qu'il applique à ses propres agents, et on y retrouve ces quatre gestes. C'est un dispositif interne, pas un service qu'une PME peut acheter : ce qui suit en est notre transposition, et elle se lit comme telle.

Comprendre les agents IA8 min de lecture

Quel assistant IA autoriser en PME, et sous quel contrat ?

Autorisez un seul assistant par usage, ouvert avec des comptes professionnels sous une offre entreprise de l'éditeur, et écrivez noir sur blanc quelles données peuvent y entrer. Le choix entre ChatGPT, Claude ou Copilot compte moins que ces trois décisions. Une PME qui ne les prend pas laisse chaque équipe trancher à sa place, avec son compte personnel.

Audit de découverte

Commençons par une seule tâche.

Une prospection qui n'avance pas. Une demande traitée trop tard. Un devis jamais relancé. Une information ressaisie trois fois. Choisissez-en une : en 30 minutes, on vérifie si elle mérite une solution.

Sans engagement. Vous repartez avec un avis écrit.